Kopis ou la séparation des songes.
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RIGHI (François).

Kopis ou la séparation des songes.

Kopis ou la séparation des songes.
S. l. [Ivoy le pré], L.L.S.M [Les livres sont muets], 2017.
15 x 11,8 cm, 34 p., 19 gravures en taille d'épargne sur poly, textes et images, imprimées par l'artiste. Chemise illustrée (photogravure imprimée en taille douce sur Japon Kawasaki par Parme Baratier), coffret toilé noir.
800,00 €

Édition originale, tirage limité à 46 exemplaires sur Japon Kozo Usukuchi, numérotés (celui-ci n°14) et signés. A l'origine de ce livre, il y a une illustration d'un traité d'alchimie allemand du XVIe siècle, le célèbre Splendor Solis de Salomon Trismosin dont l'édition française intitulée La Toyson d'or ou La Fleur des Trésors, figure une étrange scène de dépeçage. François Righi a réalisé plusieurs copies de l'image obsédante mais a limité son apparition à neuf occurrences. En sanskrit, les formes de la conjugaison sont en effet au nombre de neuf. L'avant dernière planche du livre en rappelle la liste, ainsi que les formes phonétiques des neuf mots gravés en Devanagari. Il s'agit du verbe couper, et dans les neuf gravures le mot sanskrit se substitue à la tête du bourreau. Mais pourquoi le sanskrit? Le colophon donne la réponse, rappelant que les livres qui composent la bibliothèque du Consul, dans le chef-d'oeuvre de Malcolm Lowry Sous le volcan, appartiennent à une collection d'ouvrages ésotériques. Or, c'est aussi à une tradition initiatique d'origine himalayenne que se réfère le Consul dans son délire éthylique. "Par là, je situe Kopis dans la continuité d'un travail antérieur, autour et par le moyen de la matière dite volcanique chez Malcolm Lowry." (F. R.) Enfin des formes fantomatiques, répétant en miroir les tronçons du corps morcelé, occupent des intercalaires comme autant de voiles contribuant à faire trembler la mobilité de l'image dans une répétition lancinante. Le titre du livre reprend le nom d'une épée, courte et à tranchant unique, apparue à l'époque archaïque macédonienne. Dans l'Antiquité, elle était connue comme machaira ou kopis. La dédicace, gravée en sanskrit Devanagari est une adresse au sacrifice du purusha, qui fait écho à la séparation/démembrement, ou re-création, chez Salomon Trismosin.